Tai Chi 04/05/2023

Du taichi pour mieux surfer

Ki Surf coaching

 

Sous cette appellation qui renvoie à la notion de Chi, de Ki ou de Qi, qui signifie « énergie ou circulation du souffle » en Asie, j'ai voulu démontrer la complémentarité du surf et du tai chi chuan.

 

En apparence, rien à voir : le surf est aquatique, cardio et basé sur la vitesse ; tandis que le taichi se pratique sur la terre ferme, par des mouvements relativement lents. Et pourtant...

 

L'équilibre

 

A y regarder de plus près, les points communs entre ces deux disciplines sont innombrables : les mouvements complexes de taichi, exécutés avec lenteur, constituent un véritable jeu d'équilibre et de correction posturale qui seront profitables à la pratique du surf, un sport qui par essence repose sur la capacité à maintenir son équilibre.

 

Un conseil que je donne à mes élèves aussi bien au taichi qu'en surf, est par exemple d'éviter de regarder vers le bas car cela met le corps dans une posture impropre à conserver son équilibre, ce qui va se traduire en surf par une chutte. Dans un contexte taichi, le pratiquant va travailler penché en avant, ce qui peut à la longue, créer un mauvais maintien et des problèmes de dos alors que l'objectif du taichi est justement de corriger les mauvaises habitudes posturales du quotidien.

 

La préservation et le renforcement des articulations

 

Le tai chi chuan que j'enseigne, le style Chen, sollicite les muscles profonds par des postures basses, telles que l'on voit généralement en kung-fu.

Le pratiquant renforce ainsi les muscles des jambes, dont il va avoir besoin pour un surf performant, mais également ceux qui maintiennent les articulations (genoux, épaules) dans une bonne configuration. La rigueur posturale du taichi va donc être bénéfique au surfeur puisqu'il va avoir tendance à moins se blesser dans la pratique du surf, lors des chutes, des passages sous la vague ou des réceptions en bas de vague après une manœuvre un peu radicale.

 

La fluidité

 

Le pratiquant tai chi chuan découvre que la mobilité du bassin lui permet d'enchaîner des séries de mouvements de manière fluide, comme s'il ne s'agissait que d'un unique et même grand mouvement. La méthode taichi permet d'obtenir des transferts d'appuis progressifs, subtils mais également puissants.

 

Or, le surfeur, s'il veut pouvoir s'adapter aux variations de la vague et effectuer des changements de rail efficaces et équilibrés, recherche également l'exécution harmonieuse des mouvements. Il va sans dire alors que la pratique du taichi permet d'améliorer la fluidité et l'efficacité du surfeur.

 

La puissance

 

Le taichi de style Chen ne déroge pas à la règle et permet, par la lenteur, d'apprendre des mouvements très difficiles tant pour la coordination que pour la mémorisation. Or, s'il y a bien un sport qui challenge la coordination, c'est le surf.

 

Dans un premier temps, le pratiquant taichi apprend à coordonner sa respiration avec les mouvements afin de travailler dans un état de relâchement musculaire optimal. A titre d'exemple, les surfeurs manquent souvent de fluidité et d'amplitude parce qu'ils ont les épaules trop crispées.

 

Ce travail relâché, en perpétuelle rotation du bassin, ces appuis bas produisent des bénéfices insoupçonnés en terme de puissance et d'explosivité. En taichi, on appelle fajin ce moment où le pratiquant exécute un mouvement à vitesse réelle, comme une décharge d'énergie, à l'occasion d'un coup de poing, d'une poussée des paumes ou  d'un coup de pied sauté.

 

L'apprentissage de ces successions de temps relâchés et de fulgurances énergiques est profitable au surfeur qui doit déclencher des poussées explosives pour effectuer ses manœuvres en haut de vague tout en étant capable, aussitôt, de retrouver un état de relâchement optimal s'il ne veut pas perdre le contrôle de sa planche.

 

Slow versus fast

 

Le caractère éphémère et versatile de la vague rend difficile l'apprentissage du surf. C'est là qu'intervient le taichi puisqu'il donne la possibilité de développer des habiletés fines dans un contexte favorable à la répétition des mouvements : les pieds encrés dans le sol, en recherche du mouvement souple, calme mais également parfait.

 

Ainsi, le pratiquant surf va ressentir, pris dans l'urgence de la vague, les bénéfices de sa pratique du taichi acquis en mode « slow motion ». C'est ce constat qui m'a conduit à poursuivre l'apprentissage de cet art martial et à le transmettre.

 

Toutefois, il ne faudrait pas s'imaginer qu'apprendre le taichi est chose aisée. A l'image du surf, chaque mouvement engage le corps dans sa globalité, il s'agit d'habiter réellement son corps et de faire connecter toutes ses parties entre elles. La même harmonie du corps unifié permet de surfer correctement, de manière fluide et à l'écoute de ses sensations.

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